La Treuillère

Le pont de l’ocre est le pont le plus septentrional de Vals. C’est d’un gisement de Lachamp‑Raphaël que provenait l’ocre traité à Vals. Transporté au cours du XIXème siècle dans des charrettes, ce minéral était déposé dans un local dominant la rive gauche un peu en aval du pont de l’Ocre. Là, il était traité et conditionné avant d’être revendu. Aujourd’hui encore des traces d’ocre orange s’aperçoivent sur le bas de quelques maisons avoisinantes. Et pourtant le traitement de l’ocre a dû cesser avec le début de la première guerre.

C’est à Jean Lagarde qu’on doit la première usine de moulinage de la Treuillère. La seconde fut construite par Deydier en 1862, juste au dessus, c’est celle que l’on rencontre d’abord lorsqu’on arrive d’Antraïgues. A l’heure actuelle, l’activité moulinière de Vals-les-Bains ne se maintient plus qu’à la Treuillère où les deux usines conserve leur vitalité sous la conduite de la Société des moulinages de Pont de Bridou. Les autres fabriques encore debout conservent une autre vocation.

Ces moulinages avaient pour fonction de recueillir le fil de soie et de le tordre sur lui-même pour le renforcer et l’assouplir. Ces unités de transformation qui profitaient de l’énergie apportée par les flots nécessitaient le travail de nombreuses jeunes femmes. Elles composaient l’essentiel d’une main d’œuvre agile et docile. Filles de la campagne, elles apportaient avec elles leur repas de la semaine le dimanche soir, couchaient dans les dortoirs de la fabrique, travaillaient dur et s’en retournaient passer le samedi soir et le dimanche à la ferme familiale. A son apogée, l’industrie du moulinage valsois employait plus de 600 personnes. Le déclin est venu avec la maladie du ver à soie mais l’activité textile est restée vivace dans la ville jusqu’à la fin des années 1970.